Comité International de la Croix Rouge et
du Croissant Rouge /CICR


 
  • Algérie / CICR: mars 1999

  • La Fédération Internationale des sociétés de la croix-rouge et du croissant-rouge a organisé deux réunions restreintes (Groupes ad hoc) et un Colloque conjoint (avec la Webster University). 23-27 mars 2000 / 13-14 avril 2000

  • 28ème CONFERENCE INTERNATIONALE DE LA CROIX ROUGE ET DU CROISSANT ROUGE
    D E C L A R A T I O N  D U  G R O U P E  A F R I C A I N

    Déclaration de l'Ambassadeur Mohamed-Salah DEMBRI
    Coordonnateur du Groupe Africain au sujet de l'élection des membres de la Commission Permanente

    28ème CONFERENCE INTERNATIONALE DE LA CROIX ROUGE ET DU CROISSANT ROUGE
    Déclaration de M.Mohamed Salah DEMBRI Ambassadeur, Représentant Permanent Genève, le 03 Décembre 2003


    XXVIIème Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

     Genève du 31 octobre au 06 novembre 1999

     Intervention de Monsieur Mohamed-Salah DEMBRI, Ambassadeur, Représentant Permanent 

     Genève, le 2 novembre 1999

    Monsieur le Président,

     Je voudrais tout d’abord, au nom de la délégation algérienne, vous dire toute la satisfaction que nous éprouvons de vous voir présider la présente conférence. Nos félicitations vont également aux personnalités distinguées qui vous assistent dans cette tâche. 

    Puis-je également vous exprimer ici notre sympathie et nos condoléances à la suite de la disparition tragique des passagers du Boeing égyptien au large des côtes américaines.

    Nous nous inclinons avec respect à la mémoire des deux agents du CICR tués en Tchétchénie.

     Monsieur le Président,

     A bien considérer le thème qui nous occupe ce jour, celui de la protection des victimes, un constat lancinant s’impose à nous tous, ici rassemblés. Voilà plus d’un siècle qu’Henry Dunant, parti d’Algérie où il résidait, fut le témoin oculaire des horreurs de la guerre à Solferino et de là il favorisa l’essor de ce nouvel humanisme qui consacra, à l’aune des règles du droit international humanitaire comme nécessité absolue, la protection des victimes de la guerre, la protection de la vie et le respect de la personne humaine.

    Or, force est de constater qu’à l’orée du IIIème millénaire, et après deux guerres mondiales, les révélations de la barbarie nazie, les affres de la décolonisation, le siècle finissant révèle toujours à la face du monde que l’horreur, la violence, la précarité s’illustrent désormais sous nos yeux, au Nord comme au Sud de la planète, et interpellent plus que jamais notre conscience collective à l’heure où la mondialisation et l’interdépendance des sociétés humaines sont désormais postulées comme une suprême exigence d’un devenir commun de solidarité et de progrès.

     Nous avons vu Monsieur le Président, en moins de dix ans, en direct et sous les sunlights des médias, de nouveaux holocaustes, de nouvelles shoas, relater le long martyrologue des peuples de Bosnie Herzégovine et du Kosovo, et des génocides d’un autre âge se perpétrer sur la terre d’Afrique ; nous avons vu, ici et là, des peuples privés de liberté subir des répressions sanguinaires, des populations entières livrées à la violence des guerres civiles et des citoyens sans défense victimes de terrorismes abjects se dissimulant derrière la revendication régionaliste ou confessionnelle ; nous avons appris que l’eugénisme et la stérilisation des handicapés étaient érigés, dans certains pays, en doctrine d’Etat ; nous aurons vu aussi une petite fille, en Amérique latine, engloutie par un torrent de boue sous les yeux impuissants de ses parents, de ses voisins et des secouristes. L’on pourrait encore aggraver cette liste mais point n’est besoin d’assombrir davantage le tableau. La réalité y pourvoiera

     C’est pourquoi, Monsieur le Président, la délégation algérienne estime que le plus urgent n’est pas d’apporter des amendements ou d’ajouter de nouveaux textes aux textes qui forment le corpus du D.I.H et qui, dans leur ensemble, répondent aux besoins de protection. Ma délégation soutient par contre que, pour prévenir les situations de violation du D.I.H et pour lutter contre toutes les formes actuelles de précarité et de vulnérabilité, il y aurait lieu de donner corps et essence aux deux principes essentiels qui doivent guider l’engagement et l’assistance humanitaires : la solidarité effective et le partenariat ouvert.

     En effet, la solidarité est aujourd’hui une affaire de volonté politique de chaque acteur, national ou international, issu des pouvoirs publics ou de la société civile. Elle appelle la convergence dans l’établissement de la doctrine conceptuelle et du code de conduite et une perception harmonieuse et rigoureuse des situations et des objectifs. Elle permet de lutter contre la dissémination des moyens et contre certaine tendance à vouloir écarter le mouvement international humanitaire au profit d’associations agréées de façon discrétionnaire. Elle est le meilleur rempart contre les tendances perverses, apparues par endroits, d’utiliser l’action sur le terrain à des fins d’intelligence ou de commerce humanitaires.

     C’est pourquoi, le partenariat bien compris, pour sa part, établit dans l’intervention humanitaire la relation de parité et d’égalité entre toutes les composantes qui agissent sur le terrain. Il permet ainsi, dans les situations inédites et complexes, de fixer dans la transparence les complémentarités conformes aux mandats respectifs de chacun, dans le respect des principes d’impartialité et de neutralité et dans le refus d’ériger une composante quelconque en " entité-gendarme " surveillant et contrôlant les autres. Il aide par contre à mieux percevoir et mieux annihiler les nouvelles formes transfrontalières de criminalité et de violence et de combattre les motivations de ceux qui les perpètrent.

     C’est dans cet esprit que, lors de sa tenue à Lisbonne, la semaine dernière, le forum sur les droits de l’homme en Méditerranée, organisé pour la 6ème fois par le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, a souligné la nécessité de promouvoir des relations plus humaines et mieux équilibrées entre tous les continents, dans un esprit de solidarité, d’interdépendance et de coopération.

     Les participants ont évalué aussi la nécessité de promouvoir une nouvelle culture de solidarité et de soutenir les politiques de développement, notamment en matière de défense des droits de la personne, la recherche de solutions aux problèmes de sociétés et le développement de partenariats politiques.

     Le renforcement de la coopération entre les ONG et les Organisations internationales, les rapports entre ONG et pouvoirs publics ainsi que l’aide à la promotion de la coopération au développement, ont été d’autres thèmes sensibles traités dans ce forum. 

    C’est par cette voie que l’on pourra, Monsieur le Président, parvenir à une éthique de l’action humanitaire, faite d’abnégation et de mobilisation au profit des victimes de la guerre et de la violence, au profit des personnes vulnérables et, en premier lieu, les enfants. Cette éthique écartera les typologies erronées, fondées sur une supériorité hiérarchique des Etats, les compromissions ou la sélectivité. C’est à ces conditions que l’idéal humanitaire prendra tout son sens.

     Je vous remercie

     


     

    Algérie / CICR

    M. Mohamed- Salah DEMBRI, Ambassadeur, Représentant Permanent de l’Algérie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, a indiqué jeudi 18 mars qu’une visite du Comité International de la Croix Rouge (CICR) en Algérie, interviendra tout de suite après l’élection présidentielle.

    En effet, les autorités algériennes ont donné au courant de la semaine leur accord au CICR pour se rendre en Algérie et visiter les établissements pénitentiaires.

    Cette lettre d’accord, a indiqué M. Mohamed-Salah DEMBRI, résulte des entretiens et des séances de travail que M. Jean Daniel TAUXE, directeur des opérations au CICR a eu avec les responsables des ministères des Affaires Etrangères, de la Justice et de l’Intérieur.

    Cette visite a poursuivi M. DEMBRI, entre dans le cadre des missions habituelles du CICR qui dans cette perspective conseille les autorités publiques des pays et leur adresse des recommandations pour des améliorations éventuelles des conditions carcérales.

    Elle indique par ailleurs, que la coopération entre le Comité International de la Croix Rouge et l’Algérie a toujours existé.

    Au sujet de la lettre d’accord envoyée au CICR, l’Ambassadeur d’Algérie précise qu’il appartient au CICR de prendre les mesures d’usage pour qu’une délégation puisse se rendre à Alger et fixer avec les autorités algériennes les modalités pratiques de ces visites (fixation d’un calendrier, liste des établissements à visiter, rencontre avec les responsables et le personnel affecté à la surveillance).

     


    La Fédération Internationale des sociétés de la croix-rouge et du croissant-rouge a organisé deux réunions restreintes (Groupes ad hoc) et un Colloque conjoint (avec la Webster University).

     1. Le Groupe ad hoc sur " le Plan de travail stratégique du mouvement humanitaire pour la période 2000-2010" a tenu sa première réunion du 23 au 27 mars 2000. Le Dr. Saïd Ayachi, Président du croissant rouge algérien a pris part aux travaux de cette réunion qui a porté principalement sur le bilan d’évaluation des années 1990 et sur les orientations aux sociétés nationales dans le cadre du plan stratégique 2010.

     2. Le Groupe ad hoc sur la question des emblèmes s’est réuni les 13 et 14 avril. Les travaux de cette réunion ont abouti à l’acceptation d’un " emblème protecteur supplémentaire dans le cadre des conventions de Genève ". Une proposition sera faite dans ce sens par ce Groupe afin et sera étudiée à différents niveaux (Commission permanente du mouvement humanitaire, parties aux Conventions de Genève, Sociétés nationales et Sociétés non reconnues officiellement).

     3. Un colloque conjoint a été organisé, le 04 avril 2000, par la Webster University et la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge sur le thème suivant : "Action humanitaire et ressources humaines : le rôle des volontaires". Le deuxième du genre (le premier ayant traité des "Normes humanitaires"), il est également à inscrire en rapport avec la consécration de l’année 2001 en "année internationale des volontaires" (résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies A/RES/52/17 du 20 novembre 1997).

     Plusieurs questions pertinentes ont pu être abordées, notamment :  

    la notion de volontariat par rapport à l’action sur le terrain;

    les principes directeurs et les valeurs du volontariat ;

    les ressources nécessaires aux actions de volontariat ;

    le rôle économique et social des volontaires ;

    les facteurs de motivation et de stimulation des volontaires (système de reconnaissance et de promotion…);

    le professionnalisme : outil d’efficacité du volontariat ;

    l’appréciation diversifiée sur la tendance (ou la réalité existante) de la professionnalisation de l’action de volontariat ;

    le système de gestion du volontariat ;

    la question des normes (législation nationale, diversité culturelle et protection juridique du volontariat) ;

    la typologie des volontariats (notamment, le cas du scoutisme);

    l’usage du réseau Internet pour la communication et l’information ;

    le partenariat entre différents acteurs dans le cadre du volontariat (Etat, société civile et secteur privé).

    Sur un plan plus spécifique, l’exposé de M. Otto Hieronymi (de la Webster University) a permis de dégager une problématique fort intéressante sur les implications de la mondialisation sur les valeurs humanitaires en mettant en exergue le concept d’ "économie de marché social".

    En prévision de la consécration de l’année 2001 en "Année internationale des volontaires" (qui sera inaugurée le 05 décembre 2000), il est à signaler qu’une Conférence mondiale sur les volontaires se tiendra, à Amsterdam, du 14 au 18 janvier 2001 (voir document en annexe). Ses principaux objectifs consisteront à traiter du renouveau tant dans le travail volontaire que dans le rôle que devront assumer respectivement l’Etat et le secteur privé.

     La Conférence d’examen du TNP se tient à New York du 24 avril au 19 mai 2000. C’est la première conférence depuis l’extension indéfinie de ce traité en 1995. Elle est présidée par S.E.M. Abdallah BAALI, Ambassadeur, Représentant Permanente d’Algérie à New York.

     Cette conférence fera le bilan des réalisations enregistrées durant la période 1995-2000 dans les domaines de la non-prolifération et du désarmement nucléaire, et se penchera sur l’élaboration de mesures supplémentaires pour la période 2000-2005.

     Cette conférence, de l’avis de tous les observateurs, se tient dans un climat international qui a vu se détériorer les grands paramètres de sécurité internationale : Difficulté d’entrée en vigueur du traité d’interdiction complète des essais nucléaires, non commencement des négociations sur les matières fissiles, fragilisation du traité ABM de 1972, difficile mise en œuvre des accords START 2 en dépit de la récente ratification par la Douma russe de ce traité, peu de progrès réalisés en matière de désarmement nucléaire.

     Une quarantaine de Ministres des Affaires Etrangères s’adresseront à la conférence ainsi que de hautes personnalités tels les Présidents Jimmy Carter et Nelson Mandela et Monseigneur Desmond Tutu.

    ***

    Visite à Genève   de son Altesse le Prince de Jordanie

    Lors de son passage à Genève, Son Altesse le Prince Hassan de Jordanie a convié les Ambassadeurs Arabes à une rencontre le 30 mars 2000. Cette rencontre, à laquelle a participé l’Algérie en sa qualité de présidente du Groupe arabe de Genève, a permis un échange fructueux sur des sujets importants concernant les domaines de la propriété intellectuelle et les affaires humanitaires.

 






28ème CONFERENCE INTERNATIONALE
DE LA CROIX ROUGE ET DU CROISSANT ROUGE



D E C L A R A T I O N

D U G R O U P E A F R I C A I N


Genève, le 05 Décembre 2003

 


Monsieur le Président


J’ai l’agréable devoir de vous présenter les sincères félicitations du groupe africain au nom duquel je m’exprime ainsi qu’aux autres membres du bureau.

Notre 28ème Conférence se tient dans un contexte particulièrement troublé qui se caractérise par les atteintes, devenues au fil des ans systématiques, au droit humanitaire. L'exacerbation de formes nouvelles de violence aux ramifications transnationales, et auxquelles la communauté internationale ne semble répondre qu'avec le superficiel diagnostic et l'examen aléatoire des symptômes, sans s'appesantir sur les sources qui les alimentent est un défi supplémentaire au Mouvement humanitaire.

Et c’est en ce sens qu’il faut interpréter la démarche des dirigeants africains qui ont convenu, en Octobre 2001 à Abuja, de prendre en charge dans le cadre de la solidarité, le propre destin du continent en lançant « l’ Initiative du Nouveau Partenariat pour l’Afrique » ( NEPAD).

Cette démarche hautement responsable de consolidation de la capacité de l'Afrique à gérer tous les aspects d'un conflit par le partenariat et le renforcement des institutions régionales et continentales s'exprime dans les quatres domaines suivants:
- la prévention, la gestion, et la résolution des conflits;
- la recherche de la paix, le maintien de la paix et l’imposition de la paix;
- la réconciliation, le relèvement et la reconstruction suite à un conflit;
- la lutte contre la prolifération illicite des armes légères et des mines terrestres qui empêchent la mise en valeur de vastes régions agricoles en Afrique et entraînent de nombreuses victimes civiles notamment parmi les populations les plus vulnérables, les femmes et les enfants.

Monsieur le Président,

Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, l’extrême pauvreté est devenue une réalité tangible alors qu’il y a, à peine deux décennies, cette référence était presque inconnue. La misère a progressé à la faveur d’un libéralisme sauvage qui est un affront à la conscience et à la dignité humaines. Il est utile de rappeler que sur les 49 pays les moins avancés, l’Afrique en compte 34 et que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a des prévisions pessimistes s’agissant de la réduction de la pauvreté comme énoncé dans la Déclaration du Millénaire

Et à ce sujet, le groupe africain salue l'initiative de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) portant mise en œuvre de la stratégie de prise en charge de trois millions de personnes durant cinq années dénommée formule des 3 X 5.


Face à l’inconséquence de l’ordre nouveau, les contestations citoyennes contre la gouvernance mondiale s’expriment de manière violente et sont dès lors, prise en charge par des mouvements radicaux qui cherchent à se faire entendre par tous les moyens. Les écarts entre riches et puissants d’une part et entre pauvres et faibles ne cessent de progresser, donnant au développement humain une signification peu élogieuse.

Monsieur le Président

Le Droit International Humanitaire qu’il soit conventionnel ou coutumier fait l’objet d’attaques incessantes aux quatre coins du monde. Les belligérants de tous bords qui jusqu’à une certaine période exprimaient quelques hésitations à le transgresser, semblent ces derniers temps libérés de toutes contraintes et le viole de manière intentionnelle et à visage découvert. Les sanctuaires que l’homme a patiemment construit depuis des siècles, s’effritent devant la barbarie des hommes. De nos jours, les civils jusque là grandement épargnés de toute attaque, se trouvent aux centres d’enjeux qui n’honorent pas les vainqueurs du moment.
Le Groupe africain est conscient de la problématique que pose le terrorisme au Mouvement humanitaire et à ses composantes. Tout en le condamnant, il considère que c'est dans le respect de l'Etat de droit et des règles qui le fonde qu'il doit être combattu.

Il appelle à ce sujet, à un riposte globale et concertée contre ce fléau.

Tant que la dignité humaine ne sera pas pour la majorité de l’humanité quelque chose de réelle et de tangible, notre monde restera menacé par toutes sortes de périls. Il appartient dès lors, à ceux qui ont les responsabilités, de partager le pouvoir et de faire profiter cette majorité des dividendes du progrès et du développement.

Je vous remercie




 


Déclaration de l'Ambassadeur Mohamed-Salah DEMBRI

 Coordonnateur du Groupe Africain

au sujet de l'élection des membres de la Commission Permanente

 

Genève, le 06 décembre 2003

 

Le Groupe africain a analysé les résultats des élections à la Commission Permanente. Il félicite les cinq nouveaux membres élus et il formule le vœu que la Commission Permanente, dont c'est la tradition constante, puisse accomplir son œuvre au seul bénéficie de l'action humanitaire à travers le monde.

 

Le Groupe africain déplore toutefois, sans réclamer un droit de quota, que l'Afrique, continent éprouvé, n'ait pas de représentant au sein de la Commission Permanente.

 

Il espère qu'aux prochaines échéances électorales, une position de solidarité de tous les délégués à l'égard de l'Afrique offre à la Commission Permanente l'occasion de la représentativité la plus étendue, en accord avec les principes d'universalité du Droit International Humanitaire (DIH).

 


 


28ème CONFERENCE INTERNATIONALE
DE LA CROIX ROUGE ET DU CROISSANT ROUGE

Déclaration de M.Mohamed Salah DEMBRI
Ambassadeur, Représentant Permanent


Genève, le 03 Décembre 2003
 


Monsieur le Président

La délégation algérienne voudrait joindre sa voix à celle des autres des autres délégations pour vous féliciter ainsi que les autres membres du bureau pour votre brillante élection. Elle est sûre que sous votre direction, nos travaux seront couronnés de succès.

Les changements qui ont vu le jour depuis l’adoption en 1949 des conventions de Genève ont conduit les Etats Parties à prendre en charge, notamment avec la question de la décolonisation, les nouveaux défis posés par les mouvements de libération avec la conclusion des Protocoles additionnels en 1977. Cette réponse qui à l’époque, répondait aux nécessités du moment, semble aujourd’hui rattrapée par le remodelage de la scène internationale. En effet, l’extinction progressive des conflits classiques et la prolifération des conflits non internationaux ou de violences internes parfois internationalisées posent au mouvement humanitaire une série de questions auxquelles il nous appartient de répondre de manière consensuelle et dans la sérénité.


Car la protection des civils en temps de guerre est le seul sujet qui retenir notre attention. L’article Premier commun aux quatre conventions indique que les hautes parties contractantes respectent et doivent faire respecter le Droit International Humanitaire. Cet énoncé pourtant si clair semble confus pour certains qui ne distinguent pas entre civils et combattants. Que ce soit le fait des hommes ou d’armes dites intelligentes, les civils et les installations civiles sont devenues des cibles de choix courantes. En s’attaquant ces derniers temps de manière indiscriminée aux civils, au personnel humanitaire, médical, et religieux, ainsi qu’au professionnel de l’information, les belligérants aux quatre coins du monde font peu cas du droit, qu’ils ne cessent pourtant de proclamer par ailleurs en toute occasion.

De l’avis de la délégation algérienne, il ne peut exister de catégories de personnes qui ne puissent bénéficier de protection internationale; c’est à dire qu’il n’existe pas de catégorie qui soit livrée à l’arbitraire des belligérants ou des forces de l’occupation. Le respect de la dignité humaine, thème central de notre conférence, doit être observé en tous lieux et en toutes circonstances. La délégation algérienne rejette en conséquence tout amalgame entre civils et combattants ainsi que toute définition spéculative et unilatérale de la cette dernière notion. Toute tentative de créer une zone de « droit intermédiaire » est inacceptable parce qu’elle fragilise le Droit International existant, récuse les pratiques coutumières et ouvre la voie à des dérives qui affaiblissent la protection.

Et c’est le lieu pour ma délégation de souligner l’impérieuse nécessité de revisiter l’article 90 du Protocole additionnel portant institution de la Commission Internationale d’Etablissements des Faits. Pour en faciliter la saisie, aujourd'hui nullement inopérante, cette dernière est paralysée depuis que les vingt ratifications ont été obtenues et se trouve dans l’impossibilité de s’acquitter de son mandat du fait qu’elle n’est pas sollicitée par les Etats ayant reconnu sa compétence. Même si foncièrement, il est impérieux d’amender l’article en question, l’article 89 du même protocole avait ouvert la voie à sa saisine par le Conseil de Sécurité qui aurait pu à maintes occasions lui attribuer un rôle dans l’établissement des faits pour mieux établir les responsabilités encourues.

Monsieur le Président

Si le droit d’opposer une résistance à l’occupation étrangère est légitime par le droit coutumier international, le terrorisme qui est une des manifestations visibles des nouvelles formes de violence a envahi les agendas diplomatiques et a replacé le Droit International dans une nouvelle optique puisqu’il met en opposition la sécurité des Etats et la liberté des individus.

Le terrorisme ne relève pas des conflits armés et s’apparente aux activités criminelles; il produit un effet dévastateur puisqu’il participe à l’érosion du droit applicable et crée des situations pour le moins inédites. L’ampleur des souffrances humaines provoquées par le terrorisme n’est pas à démontrer. Par sa barbarie, on ne peut lui trouver de justificatifs ni de circonstances atténuantes et il tombe dès lors, sous le coup de la législation pénale nationale et internationale La nature transnationale de ses réseaux requiert à ce propos un traitement global qui combine à la fois, la prévention et la répression fondées respectivement sur la culture de la tolérance et le respect de l’autre et la coopération policière et judiciaire.

Monsieur le Président,

La délégation algérienne se félicite du travail accompli par la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix rouge et du Croissant rouge en vue de faire connaître la législation internationale relative aux secours d’urgence en cas de catastrophes. Elle invite cette dernière a poursuivre le recueil des données et à faire circuler la compilation des instruments internationaux existants. La délégation algérienne considère que l’accès aux victimes des catastrophes ne résultant pas de conflits armés doit demeurer une des attributions premières des gouvernements et des sociétés nationales. Elle encourage les synergies avec les acteurs internationaux lorsqu’il s’agit de désastres de grande ampleur. Elle exprime par conséquent, sa préférence au renforcement des capacités nationales et considère que l’amélioration des mécanismes opérationnels existants doit primer sur tout travail d’élaboration de normes juridiques nouvelles.

Elle souligne enfin que la diversité des situations et des contextes, donnent un spectre très large de réponses aux situations d’urgence et qu’il serait par contre-productif de chercher à uniformiser le traitement des secours.

Monsieur le Président

La dignité humaine particulièrement malmenée dans les conflits armés, singulièrement éprouvée lors des catastrophes naturelles est de nos jours une préoccupation de premier plan avec la montée des incertitudes économiques et dont la conséquence est l’extrême pauvreté.

La documentation mise à notre disposition démontre que la précarité est une forme de violence et que l’accès à l’éducation, aux soins de base, à l’emploi, à l'eau, à la nourriture, à un abri décent, sont des éléments qui participent à l’émancipation de l’homme, favorisent l’équilibre de la société et renforcent la régulation pacifique des rapports internationaux. L’accès aux médicaments face aux pandémies qui se propagent notamment dans les pays du Sud, est plus qu’une urgence. L’humanité ne peut banaliser cette nouvelle forme d’atteinte à la vie au motif que la santé est un produit marchand et qu’elle a vocation de générer des profits, ce qui est une intolérable atteinte à la dignité humaine. La délégation algérienne salue l’initiative des 3X5 mise en œuvre par l’Organisation Mondiale de la Santé et invite le mouvement humanitaire avec toutes ses composantes à s’investir dans le démantèlement des barrières qui perpétuent l'injustice et retarde l'exercice du droit à la dignité humaine pour tous.

Je vous remercie