Conférence des Nations Unies

pour le Commerce et le Développement

CNUCED


Sommaire

 

 


Intervention de S.E.M Mohamed-Salah DEMBRI

Président du Groupe Arabe à la troisième réunion CNUCED/PNUD pour les pays arabes

 Chavannes-de-Bogis

29 et 30 septembre 1999

  

Monsieur le Président,

 Je souhaiterais, avant d’entamer mon propos, dire combien les pays arabes, au nom desquels je m’exprime aujourd’hui, apprécient la tenue de cette importante réunion de préparation à la troisième Conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce qui se tiendra à Seattle du 30 novembre au 03 décembre 1999.

 Troisièmes du genre, ces assises de Chavannes-de-Bogis sont devenues au fil des ans, pour les pays arabes, une rencontre attendue du fait de l’importance des questions qui y sont traitées, notamment l’exploration de l’ensemble des voies et des moyens à même de favoriser l’intégration de nos pays au système commercial multilatéral. 

Dans cette entreprise complexe visant à garantir l’insertion des pays en développement dans une économie en voie de mondialisation, la CNUCED s’est, comme à son accoutumée, mise au service de nos pays. Face aux évolutions rapides que la scène internationale a enregistré ces dernières années et à la réorganisation de la sphère commerciale multilatérale, la CNUCED a en effet su garantir sa pérennité institutionnelle et pu prouver la pertinence de son action, une action qui s’est toujours inscrite dans la perspective de développement de nos pays et qui devrait, c’est la conviction du groupe arabe, sortir renforcée de la Xème CNUCED qui se tiendra à Bangkok en février 2000.

 Monsieur le Président,

 Il y a un an à peine, qu’en ces lieux mêmes, nous avions tenté d’identifier les enjeux rattachés à la libéralisation des échanges, en nous focalisant, plus particulièrement sur la Conférence de Genève de l’OMC. 

Il s’agit aujourd’hui pour nous, dans la continuité des phases de préparation susmentionnées, de nous préparer en prévision de la troisième Conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce, prévue à Seattle du 30 novembre au 03 décembre prochain.

 Plus que ses devancières, cette conférence de l’OMC, qui intervient à un moment charnière de la vie de cette institution commerciale multilatérale, aura à traiter de problématiques essentielles puisqu’il s’agira notamment pour nos pays de s’assurer, qu’en fin de compte, le phénomène de mondialisation, présenté à ses débuts comme la panacée universelle, génère bien les retombées positives escomptées.

 En effet, parce que les pays en développement, dans leur grande majorité, continuent à être confrontés à de formidables défis, parce que la situation économique de certains d’entre eux reste, en termes d’adversité, sans équivalent, il est des plus importants que la troisième conférence ministérielle de l’OMC puisse impulser une action résolue de solidarité et apporter une contribution majeure au développement d’un système commercial multilatéral véritablement équitable, qui soit porteur d’intégration réussie et non plus une cause de marginalisation récurrente, voire d’exclusion.

 De fait, il est aujourd’hui admis que les espoirs de nos pays de voir s’accroître à leur bénéfice le volume de leur commerce, et de voir la croissance des échanges servir leur développement économique et social, n’ont pas été, loin s’en faut, couronnés de succès.

 Face à ce constat, il n’est que légitime de s’appesantir sur les raisons ayant induit cette absence d’impact du cycle d’Uruguay sur nos pays. C’est d’ailleurs à juste titre que Monsieur Rubens Ricupero, Secrétaire Général de la CNUCED n’a eu de cesse d’appeler à une répartition égale des bénéfices de la mondialisation. Plus récemment, le nouveau Directeur Général de l’OMC, M.Mike Moore, a fait écho à ce plaidoyer en faisant valoir que la libéralisation des échanges devait procurer des avantages à tous les pays, mais en particulier aux pays en développement.

 Nous savons tous qu’à Seattle, nombre de problématiques essentielles devront être examinées, telles la nécessité de la mise en œuvre des accords issus du cycle d’Uruguay, celle de l’application effective du traitement spécial et différencié au bénéfice des pays en développement, la question controversée du lancement d’un nouveau cycle de négociations multilatérales…

 Par ailleurs, compte tenu du fait que certains pays arabes sont candidats à l’accession à l’OMC, il serait approprié qu’à Seattle nous puissions nous mobiliser avec nos autres partenaires aux fins de l’adoption d’une décision aux termes de laquelle les pays en développement candidats verraient leurs processus facilité et ne seraient plus soumis à des conditions qui excédent le cadre agréé lors de la conclusion du cycle de l’Uruguay.

 A l’évidence, il s’agit là d’autant de défis qu’il nous faudra relever par le biais d’une action résolue et surtout solidaire lors de la Conférence de Seattle.

 La tenue de la dixième CNUCED à Bangkok en février 2000 qui va consacrer symboliquement notre entrée dans le nouveau millénaire, sera une autre occasion solennelle pour les pays en développement de réaffirmer la nécessité d’une approche nouvelle de la coopération internationale de nature à assurer à tous une croissance économique effective ainsi qu’une pleine participation au processus de mondialisation.

 Je vous remercie

 

 


Dixième session de la Conférence des Nations  Unies sur le Commerce et le Développement :

Bangkok (Thailande):  12 -19 février 2000.

La dixième session de la Conférence des Nations –Unies , sur le commerce et le développement s’est tenue à Bangkok (Thailande) , du 12 au 19 février 2000.

 Forte de 190 Etats membres, la CNUCED a consacré cette session Ministérielle à l’évaluation des risques et des avantages potentiels de la mondialisation, afin de faire de cette dernière un instrument efficace au service du développement de l’ensemble de la communauté internationale

Première grande conférence du nouveau millénaire , cette dixième session s’est tenue en présence de hautes personnalités , telles le Secrétaire Général de l’ONU, Monsieur Kofi Annan, le Directeur exécutif du FMI, Monsieur Michel Camdessus, les Directeurs Généraux de l’Omc et du Bit, Monsieur Mike Moore et Juan Somavia, ainsi que le Président de la Banque Mondiale, Monsieur James Wolfensohn.

 Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République et Président en execice de l’OUA a répondu positivement à l’invitation que lui ont adréssé les autorités thailandaises ainsi que Monsieur Rubens Ricupéro, Secrétaire Général de la CNUCED à participer à la conférence de Bangkok.

 C’est ainsi qu’il a délivré le 18 février 2000, une allocution* en séance plénière au nom de l’Algérie :

 

Discours du Président Abdelaziz BOUTEFLIKA


Le Président de la République, M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, président en exercice de l’OUA, a prononcé, vendredi 18 février, un discours devant les participants à la dixième session de la conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (Cnuced) qui s’est tenue à Bangkok (Thaïlande), du 12 au 19 février.
Voici le texte intégral du discours :


"M. Le Président, Excellences, Mesdames, Messieurs,

"Je remercie vivement les autorités thaïlandaises en mon nom et en celui de la délégation qui m'accompagne, de la qualité de l'accueil et des attentions que nous avons rencontrées ainsi que des conditions de déroulement des travaux.
"Je voudrais également rendre un hommage solennel et chaleureux à M. Rubens RICUPERO dont l'action à la tête de la Cnuced, témoigne de la clairvoyance et du sens aigu des hautes et délicates responsabilités qui sont les siennes. Je le remercie, par cette même occasion, de l'invitation qu'il m'a faite de m'adresser à la conférence au nom de l'Afrique en ma qualité de président en exercice de l'Organisation de l'Unité Africaine, invitation à laquelle j'ai l'honneur et la lourde charge de répondre aujourd'hui.


"M. Le président, Excellences, Mesdames, Messieurs,

"Se tenant après la réunion de l'OMC à Seattle, cette dixième conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement offre un cadre particulièrement opportun pour une large confrontation des points de vue sur les effets des évolutions qui, depuis une décennie, ont modifié les données des relations internationales dans toutes leurs dimensions, et pour une concertation sur les nouvelles perspectives à dégager en vue d'éclairer la voie d'un avenir véritablement porteur de plus de justice et plus de solidarité entre les hommes.


Les technologies de l'information, une véritable révolution

Durant la décennie écoulée, le monde a connu de profonds bouleversements et de vastes transformations. La fin de la guerre froide a semblé éloigner le danger d'un conflit nucléaire fatal pour l'humanité tout entière. Les modes d'organisation et de gestion des économies nationales ont tendu à s'uniformiser à travers le monde. Le progrès scientifique et technique s'est accéléré, et a engagé, avec les technologies de l'information, une véritable révolution, comparable, dans l'ampleur de ses effets, à la révolution industrielle qui a marqué ces deux derniers siècles. Partout s'est manifestée une conscience plus aiguë des menaces que fait peser ce progrès sur l'environnement en même temps que de l'étroite solidarité de tous les pays de la planète devant leurs conséquences. Un vaste processus de libération des échanges internationaux de biens et de services et des mouvements de capitaux, amorcés par l'Uruguay round, a été élargi et s'est institutionnalisé il y a 5 ans à Marrakech.


Dans le contexte général de la décennie écoulée, ce mouvement de mondialisation a pu être perçu par beaucoup, au sud comme au nord, comme porteur de nouvelles opportunités de croissance et de progrès pour les pays en développement, en contrepartie des effets négatifs qui pouvaient en être redoutés.
Un bilan objectif de la mondialisation, des tendances qui s'y sont dessinées et de certaines attitudes qui l'ont accompagnée de la part des pays industrialisés, nous amène à constater la déception des espoirs des pays en développement et du peu de considération pour les préoccupations et les angoisses que le nouvel ordre du monde, tel qu'il se présente et se développe aujourd'hui, suscite parmi eux et tout particulièrement en Afrique.
Force est de constater, en effet, que les sacrifices consentis par les pays en développement n'ont eu pour eux qu'une contrepartie non significative ou alors très circonscrite.

Malgré une conjoncture mondiale favorable, nos pays --à l'exception de certains pays d'Asie, dont, au demeurant, la fragilité des économies a été révélée en 1997-- nos pays n'ont que faiblement évolué et ont parfois même régressé en termes de revenu par habitant.


La toute puissance reconnue aux marchés s'est traduite par un déclassement des exigences fondamentales du développement humain et a tendu tragiquement à aggraver les inégalités et la précarité sociale dans les pays en développement. Cette dimension nouvelle du rôle joué par les marchés a servi à justifier la diminution de l'action des pays développés tendant à y apporter un correctif et une diminution de l'aide publique au développement, tombée, avec 0,22 % du Pib des pays industrialisés, en 1998, à son niveau le plus faible depuis des décennies.
La prééminence absolue de la sphère financière a perturbé les activités productives, elle a même contrecarré leur développement et abouti à privilégier fortement le capital au détriment du travail dans les politiques macro-économiques. Les institutions financières internationales sont restées fortement orientées et bridées dans leur action par la défense des intérêts à courte vue des créanciers.


Les PVD se trouvent pratiquement exclus des processus de concertation et de décision collective
Les pays en voie de développement représentant l'écrasante majorité des habitants de la planète, se trouvent pratiquement exclus des processus de concertation et de décision collective. Les plus puissants s'affranchissent, ici et là, par le biais de protections de plus en plus sophistiquées et déguisées, des obligations d'ouverture découlant des principes du nouveau cadre des relations internationales, tout en exigeant des plus faibles le respect scrupuleux de ces mêmes obligations. En fin de compte, une nouvelle carte du monde se redessine où tout un continent, l'Afrique, se trouve purement et simplement effacé.


Comment peut-on s'empêcher, dès lors, d'évoquer, à propos de ce nouvel ordre des relations économiques internationales et de ses bienfaits proclamés pour les plus faibles, la fable du renard offrant à la cigogne des mets succulents dans des assiettes plates qui les lui rendent inaccessibles.
Il ne saurait s'agir à travers ce constat de remettre en cause la mondialisation dans son principe. Au-delà du fait que nous, pays en développement, n'avons d'autre choix que de nous y résoudre, il nous faut convenir que ce phénomène est inscrit dans la trajectoire du progrès humain et de l'évolution conséquente du monde.
Et nous continuons, par ailleurs, d'estimer que la stimulation et le développement des échanges constituent un facteur important du mieux-être collectif.


Il ne saurait s'agir davantage, à travers ce constat, d'éluder les responsabilités propres de nos pays, et notamment ceux d'Afrique, à l'égard de certaines situations conflictuelles désastreuses qu'ils vivent, et dans la persistance de nombreux autres phénomènes qui concourent à leur instabilité, s'opposent à la mobilisation efficiente de leurs énergies et de leurs ressources, et se traduisent enfin par une gestion publique mal maîtrisée et parfois dévoyée.
L'Afrique a pris conscience de la nécessité pour elle d'une action déterminée dans ces domaines. Des efforts louables ont été déployés et des progrès non négligeables ont été enregistrés. Le sommet d'Alger de l'organisation de l'unité africaine, en juillet dernier, a marqué un nouvel élan de cette volonté de conjuguer les efforts à l'échelle continentale pour dépasser les situations de conflits, d'élargir et renforcer la base démocratique des institutions et d'assainir la gestion publique, de renforcer les mécanismes visant à l'intégration de sous-ensembles régionaux qui faciliteront l'insertion dans l'économie mondiale.
Toutes ces évolutions sont nécessaires, mais leur impact, leur signification même, resteront grandement illusoires tant que l'Afrique continuera à subir les effets d'un environnement mondial qui contribue plus que par le passé, à aggraver son retard et ses difficultés, et à perpétuer les causes profondes des perversions qui en résultent.


Trois aspects se conjuguent et se cumulent pour annihiler les efforts des pays africains et boucher leurs perspectives de développement


Dans le fonctionnement du système des relations économiques internationales, trois aspects se conjuguent et se cumulent dans leurs effets pour annihiler les efforts des pays africains et boucher leurs perspectives de développement.
Le premier se rapporte aux fluctuations des cours des matières premières vis-à-vis desquelles nombre de pays sont crucialement dépendants. Ces fluctuations périodiques, déstabilisantes par elles-mêmes, prennent place dans le cadre d'un mouvement général de dépréciation et de dévalorisation, pour nos pays, des termes de l'échange. Ainsi, en 1998 encore, la chute des prix à l'exportation a engendré pour l'Afrique des pertes qui ont été estimées à 2,5 % de son produit national brut.


Le second aspect a trait à l'insignifiance des investissements directs étrangers. L'Afrique n'a recueilli, en 1998, qu'un peu plus de 1 % des investissements directs étrangers dans le monde, et 5 % des investissements directs étrangers dirigés vers les pays en développement. Ainsi, le jeu de la concurrence, sans correctif, aboutit à exclure les plus faibles, et l'Afrique principalement, du processus de développement. Cette situation est d'autant plus dramatique que la diminution drastique de l'aide publique au développement, la faiblesse de l'épargne et de l'investissement intérieurs, accentuée du fait des politiques d'ajustement structurel imposées en relation avec le poids de la dette, ne permettent pas d'engager les actions de développement des infrastructures et d'élargissement de la demande intérieure qui pourraient requalifier les pays exclus à recevoir leur part légitime de l'investissement international privé.


Le troisième aspect a trait précisément à la dette, cette dette indéfiniment reconstituée qui obère non seulement les capacités d'investissements mais également les ressources qui devraient être consacrées au maintien d'un minimum de services sociaux dans un contexte de dénuement et d'arriération indignes de notre époque.
Le jeu des intérêts étroits des créanciers et des visions trop sommaires des institutions financières internationales s'est traduit par des traitements qui ont conduit à reproduire les mêmes contraintes engendrant inévitablement les mêmes effets. Et tout se passe comme si, à ceux, en Afrique ou ailleurs, qui sont menacés de sombrer, l'on s'évertuait à ne procurer que les moyens de maintenir, de temps à autre, la tête hors de l'eau, et jamais celui de regagner le rivage. Quant aux pays dits à revenus intermédiaires, le traitement ou le refus de traitement, arrive à faire d'eux des exportateurs nets de capitaux et ainsi à faire financer, dans un cruel paradoxe, les riches par les pauvres.


Cette attitude restrictive des créanciers, et plus généralement des dispensateurs de financements, à l'égard des pays les moins avancés, est de plus en plus souvent justifiée par eux par la référence à des pratiques malsaines, telles la corruption, et à l'insuffisante promotion de la démocratie et des droits de l'homme, tous facteurs qui affecteraient négativement l'efficacité des financements accordés.
Cette attitude marque une profonde incompréhension de l'imbrication des causes ainsi qu'une évaluation erronée des actions prioritaires que commande la situation.


Les phénomènes de corruption renvoient pour une large part à un environnement extérieur qui favorise, voire incite leur apparition et leur expansion. Il s'agit donc d'un fléau commun dont le traitement nécessité la collaboration de tous et principalement des plus nantis. Il est profondément injuste que l'Afrique et les pays en développement encourent seuls la réprobation morale que suscite le phénomène, et il ne serait pas juste que le développement en Afrique soit sacrifié aux exigences d'une bonne conscience sommaire et factice.


La question de la promotion de la démocratie et des droits de l'homme


Quant à la question de la promotion dans nos pays de la démocratie et des droits de l'homme, ne conviendrait-il pas de garder en mémoire ce qu'il a fallu en Occident de luttes, de conflits, de révolutions même pour asseoir la démocratie. Ce qu'il a fallu de ressources, d'efforts patients pour développer l'esprit civique, pour répandre l'instruction, et pour assurer, enfin, par le développement économique, le consensus social autour des valeurs qui sont celles des pays développés aujourd'hui.


Ne faudrait-il pas garder en mémoire les traumatismes causés en Afrique par l'entreprise coloniale, les rivalités et les germes de conflits qui en sont les séquelles. Il faut aussi tenir compte de la dislocation des cadres sociaux traditionnels sous l'effet des mutations dans les modes de vie et que la faiblesse des ressources ne permet ni de contenir, ni d'organiser. Les sentiments de frustration qui en résultent alimentent un risque permanent de déchaînement des violences destructrices du tissu social. Peut-on continuer à poser la bonne gouvernance comme préalable à une meilleure prise en charge des problèmes de développement, tout en sapant par des politiques d'ajustement structurel le minimum d'harmonie sociale que suppose une bonne gouvernance.


Si l'évolution des systèmes et de la pratique institutionnels sont nécessaires --et l'Afrique en est globalement convaincue--, si des actions concrètes sont nécessaires pour renforcer les libertés et les mécanismes de leur garantie --et l'Afrique y est globalement résolue--, il reste que ces acquis demeureront fragiles et dérisoires sans un développement économique assurant le progrès social au bénéfice des centaines de millions d'hommes, de femmes et d'enfants indéfiniment confrontés à la misère, l'ignorance et la maladie.


M. Le Président, Excellences, Mesdames, Messieurs,


Pour l'Afrique, qui est consciente de la nécessité de poursuivre ses réformes et de prendre en charge son développement, ce qui est en cause dans le processus de la mondialisation, ce n'est pas tant ses principes que son défaut d'adaptation aux finalités proclamées. C'est l'absence de considération pour l'extrême diversité des situations, diversité qui se traduit par des effets pervers dramatiques d'aggravation d'inégalités devenant de plus en plus paradoxales dans le monde d'aujourd'hui et de plus en plus dangereuses pour la sécurité collective.
Jamais la distance séparant les continents, le nord et le sud de la planète, les riches des pauvres n'a été aussi grande.


Alors que le progrès technique, en abolissant les distances, tend à multiplier les contacts entre les peuples, à rapprocher les hommes, jamais la distance séparant les continents, le nord et le sud de la planète, les riches des pauvres n'a été aussi grande. Jamais elle ne s'est accrue à une vitesse aussi forte. A telle enseigne que la croissance économique de 3 % enregistrée l'an passé par les pays industrialisés a représenté un supplément de revenu annuel par habitant supérieur à tout le revenu annuel par habitant de pays représentant la moitié de l'humanité, supérieur à deux fois le revenu annuel par tête de la plus grande partie des pays d'Afrique.
Aussi, les mécanismes des relations internationales doivent-ils être orientés vers la réduction des inégalités, l'élimination des immenses poches de misère et d'arriération, foyers de frustrations et donc de violence potentielle. Violence qui, au regard des moyens nouveaux créés par l'accélération du progrès technique et des échanges, constitue une menace pour la planète tout entière. Un vaste consensus semble s'être établi sur cette finalité, du moins théoriquement, par l'objectif de réduction de la pauvreté à l'horizon 2015 fixé par les Nations Unies.


Des initiatives ont été prises concernant la dette du Tiers monde, notamment, au sommet du G7 à Cologne et au sommet de Libreville tenu récemment bien que trop circonscrites, ces initiatives traduisent une évolution certaine dans les attitudes envers les pays les moins avancés.


La sagesse consisterait à renforcer ces initiatives et à les appliquer aussi aux pays à revenu intermédiaire, augurant par là des attitudes plus compréhensives à l'égard des autres questions qui entravent l'essor économique du continent africain.
Dans le cas des pays les moins avancés, l'annulation de la dette, outre qu'elle ne fait souvent que prendre acte d'une situation d'insolvabilité manifeste, ne servirait à rien tant que l'on n'agira pas parallèlement sur les facteurs de la reconstitution indéfinie de cette dette. Pour les pays à revenus intermédiaires, le traitement de la dette doit cesser de ne prendre en considération que l'aspect purement financier de la capacité de remboursement de ces pays. Il doit nécessairement prendre en compte les exigences de leur croissance économique, faute de quoi, ils seraient condamnés à rejoindre à plus ou moins longue échéance, les rangs des pays les moins avancés avec des exigences accrues d'allégement de leur dette.


Ainsi donc c'est un message mêlé d'angoisse et d'espoir bien fragile que je vous délivre au nom de l'Afrique. Une Afrique qui, par delà les immenses souffrances et les maux innombrables qui l'affligent, veut continuer de croire malgré tout en la solidarité humaine. Cette Afrique est bien consciente de l'immensité de ses ressources. Ses potentialités, convenablement mises en valeur par les africains eux-mêmes et par tous ceux qui voudront s'engager avec eux dans un partenariat aux intérêts équilibres contribueront en définitive à la prospérité de tous. Ainsi, dans le cadre d'une mondialisation mise en plein accord avec sa finalité humaine, seront élargies les perspectives de progrès social, de bien-être et de sécurité pour l'humanité tout entière.


Je vous remercie".

 


Accession de l'Algérie à l'OMC: 5-9 /02/2001

Dans le cadre de la relance des négociations sur l'accession de l'Algérie à l'OMC, une délégation interministérielle(Commerce,Industrie,PME/PMI, Agriculture, Banque d'Algérie) a effectué du 5 au 9 février2001, une mission d'information auprès de la CNUCED.

Les discussions ont abouti à l'élaboration d'un projet de programme d'assistance technique à l'Algérie qui sera réalisé par des experts de la CNUCED sur le financement PNUD