Organisation Mondiale de la Santé /OMS


Sommaire :

52ème session de l'Assemblée Mondiale de la Santé  : 17-20 mai 1999:

Intervention du ministre de la Santé et de la Population , M. Yahia Guidoum

53ème session de l'Assemblée Mondiale de la Santé : Genève 15 - 20 mai 2000:

Intervention du ministre de la Santé et de la Population, M. Amara Benyounès

105ème session du Conseil exécutif  de l'OMS :Genève:24-29 janvier 2000

Première session de l'organe intergouvernemental de négociation de la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac : 16-21 octobre 2000;

Intervention de la délégation algérienne

54ème session de l' Assemblée Mondiale de la Santé : 14-22 mai 2001

 


OMS :52 ème Assemblée mondiale de la Santé

Les travaux de la 52ème session de l’Assemblée de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a entamé ses travaux lundi 17 mai à Genève.

Le ministre de la Santé et de la Population, M. Yahia GUIDOUM, qui conduisait une importante délégation, a insisté mercredi en plénière sur l’urgence d’une reformulation des problématiques de la Santé, d’une redéfinition des objectifs et d’une plus grande équité internationale en matière d’accès aux soins.

Après avoir donné un aperçu sur l’amélioration constante des indicateurs des soins de santé de base en Algérie, M. GUIDOUM a affirmé que les problèmes médico-sanitaires que vivent de nombreuses contrées de l’hémisphère sud interpellent la conscience de tous quant à une approche mondiale plus équitable de nature à assurer à chaque être humain son droit à la santé. .

En marge des travaux de l’AG, M. GUIDOUM a participé à deux tables rondes ministérielles relatives respectivement à " l’investissement dans les hôpitaux " et au " financement de la Santé ".

Dans ce contexte, le ministre de la Santé a appelé à l’élaboration d’un véritable nouvel ordre sanitaire mondial dans la mesure où les maladies ne connaissent pas de frontières, les effets induits par la mondialisation de l’économie et l’abolition des distances, rendant communs les défis sanitaires et incontournables une plus grande justice dans l'allocation des ressources.

M. GUIDOUM a en outre participé aux conseils arabe et africain des ministres de la Santé qui se sont tenus en marge de l’AG.

 


Allocution de Son Excellence Monsieur le Professeur Yahia GUIDOUM,Ministre de la Santé et de la Population devant la cinquante-deuxième Assemblée Mondiale de la Santé

Genève, 19 mai 1999

Madame le Président,

Madame le Directeur Général,

Excellences,

Honorables Délégués,

Mesdames, Messieurs,

 

Madame le Président,

 

Je tiens tout d’abord à me joindre aux délégués qui m’ont précédé à l’effet de vous présenter mes félicitations pour votre élection concernant la conduite des travaux de cette 52ème Assemblée Mondiale de la Santé. Votre expérience et votre compétence augurent de la réussite de cette session.

Les rapports qui nous ont été présentés hier matin, particulièrement celui de Madame le Dr Gro Harlem Bruntland, Directeur Général de l’OMS, permettent de constater avec satisfaction que la tenue de la 52ème Assemblée Mondiale de la Santé marque une date importante dans la reformulation des problématiques de la santé, les perspectives et les enjeux, les dilemmes, les partenariats pour le développement du secteur sanitaire, et des programmes de prévention et de soins de santé de base, l’intersectorialité et bien entendu les changement structurels.

Le recentrage de la santé dans l’action internationale pour le développement, fondé sur l’intangibilité du principe de l’équité constitue effectivement à mon sens l’une des matrices devant caractériser l’approche de la santé.

En Algérie, des progrès notables ont été enregistrés ces dix dernières années en dépit des turbulences socio-économiques qu’a connues le pays.

L’espérance de vie est passée de 61 ans en 1981 à 69 ans en 1999, la mortalité des enfants de moins de cinq ans est à 52 pour mille soit un gain de plus de trente points en 10 ans.

Le taux de mortalité maternelle, même s’il reste pour nous inacceptable a toutefois été réduit de 30% grâce à un suivi soutenu des grossesses et à une réduction du risque hémorragique.

Enfin, nous sommes sur la voie de l’éradication de la poliomyélite puisque pour la seconde année consécutive et avec un système de surveillance performant, nous n’avons enregistré aucun cas.

Des actions intersectorielles ont permis d’obtenir des résultats significatifs en matière de santé en milieu scolaire, universitaire et en milieu du travail. Il en est de même en matière de lutte contre le SIDA, où la prévention à laquelle participent dix-huit (18) départements ministériels, permet de contenir la progression de l’épidémie.

Cependant, en dépit de tous les efforts consentis, force est de constater que la santé demeure une résultante du développement socio-économique : les maladies à transmission hydrique par exemple, quoique en régression, continuent cycliquement de générer des surcoûts dans la prise en charge sanitaire.

Les mêmes phénomènes caractérisent les effets de l’habitat insalubre, du chômage, de l’exclusion sociale.

Les services de santé payent la rançon du développement, ce qui n’est ni juste, ni moral. On peut citer notamment les affections cardio-vasculaires, les accidents de la route qui constituent hélas un véritable fléau, les affections respiratoires dues entre autres à la pollution industrielle…

L’intersectorialité est indiscutable dans le principe, la santé pour tous étant l’affaire de tous. Sa mise en œuvre opérationnelle cependant n’est pas toujours, loin s’en faut, à la mesure des attentes escomptées et cet état de fait ne contribue qu’à culpabiliser davantage des services de santé déjà éprouvés par les contraintes financières qui risqueraient de compromettre la préservation des équilibres macro-économiques.

Des formules audacieuses doivent être maturées et mises en place. Il conviendrait d’agir de sorte à consacrer le principe du fauteur-payeur

Les dilemmes que nous avons abordés lors des tables rondes ministérielles d’hier et de ce matin m’ont permis, et je remercie Madame le Directeur Général, de cette initiative efficace et originale, d’exprimer ce qui détermine en dernière instance la politique de santé.

L’exemple du coût de la prise en charge des malades du HIV/SIDA par le schéma de la tri-thérapie illustre on ne peut mieux les limites objectives de la capacité d’un système à assumer pleinement ses obligations vis-à-vis de la prise en charge de certaines pathologies comme l’insuffisance rénale avec des séances très onéreuses d’hémodialyse, la greffe de la moelle sans omettre d’évoquer les coûts de l’acquisition des moyens d’exploration, d’imagerie médicale et leur nécessaire maintenance. Sur ce point, je tiens à souligner l’effort consenti par les pouvoirs publics.

En effet, la contribution du citoyen aux frais d’hospitalisation et de consultation trouve rapidement ses limites objectives.

Le rôle des assurances sociales en matière de financement des services de santé et de remboursement des frais médicaux et d’hospitalisation pose le dramatique problème de l’équilibre entre l’assiette des cotisants et les dépenses incompressibles opérées. Dès lors, actualiser les tarifications et les valeurs monétaires des lettres-clefs reviendrait inéluctablement à asphyxier la sécurité sociale et à compromettre les prestations sociales.

Tout choix en matière de santé est douloureux, et exige une implication de l’ensemble des acteurs  pour la formulation des priorités et des axes majeurs devant imprimer la dynamique en matière de santé.

C’est ce qui a été fait en Algérie avec la tenue des assises nationales sur la santé du 26 au 28 mai 1998 qui ont regroupé les représentants respectifs des professionnels de la santé, des usagers, du mouvement associatif, des syndicats, des secteurs d’activités et institutions concernés. Ces assises se sont traduites par l’adoption consensuelle de la " Charte de la santé " et d’une série de recommandations qui font l’objet d’un traitement par un comité de suivi.

Parmi les recommandations figurent en bonne place la réaffirmation du principe de la prise en charge par l’Etat de la prévention et de la lutte contre les maladies épidémiques et endémiques, la gratuité des soins pour les démunis sociaux et l’engagement d’une prise en charge par les pouvoirs publics des dépenses relatives à la prise en charge des urgences, des maladies chroniques et de la formation.

Dans mon pays, le dénominateur commun des actions menées s’articule sur l’objectif " Sécurité Santé ", particulièrement autour du binôme " mère-enfant " qui constitue la pierre angulaire du dispositif.

Il ne s’agit pas tant de traiter uniquement des effets mais de dégager des consensus sur des dispositifs de mesures devant permettre d’infléchir sur les causes des différents problèmes et qui puisent leur explication dans la dégradation du pouvoir d’achat, l’exclusion scolaire, l’exclusion sociale, l’habitat précaire et qui conduisent à la violence. C’est ce contexte qui interpelle sur l’impérieuse nécessité de la formulation et de la mise en œuvre d’une stratégie " sécurité-santé ".

Cette démarche a fait l’objet de plusieurs rencontres et séminaires dont notamment ceux tenus respectivement à Alger en septembre 1997 et à Constantine en décembre 1998 organisés conjointement avec l’OMS.

La " Sécurité – Santé " s’articule prioritairement mais non exclusivement autour du binôme mère-enfant, de la santé scolaire et de la santé communautaire.

Madame le Président,

Madame le Directeur Général avait souligné la création simultanée de l’OMS avec la Déclaration universelle des droits de l’homme. gageons que l’avenir de l’OMS après une année de changement s’inscrive résolument dans le cadre de la résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies décrétant l’année 2000 comme année de la culture de la paix et de la non-violence.

Je vous réitère la pleine détermination d’œuvrer dans le cadre des axes et des réformes que vous avez engagés et je formule l’espoir qu’à l’orée du 3ème millénaire puisse, germer le nouvel ordre sanitaire mondial.

Je vous remercie.

 

 

          


53ème session de l'Assemblée mondiale de la Santé

Genève: 15 au 20 mai 2000

La 53ème session de l'Assemblée mondiale de la Santé, s'est tenue à Genève du 15 au 20 mai 2000, sous la présidence de la namibie.

Cette session a examiné essentiellement le rapport du directeur général sur la santé dans le monde. Consacré aux système de santé publique dans le monde, la session a également traité des efforts accomplis par l'organisation dans le cadre de la lutte contre les maladies transmissibles et non- transmissibles, ainsi que dans le domaine de la salubrité des aliments et de la mise en oeuvre de la convention cadre de l'OMS sur la lutte anti-tabac.

Au cours de cette session, S.E.M. Amara Benyounes, ministre de la Santé et de la Population a prononcé un discours devant la 53ème assemblée mondiale de la Santé.

Dans son intervention, M. le ministre a mis l'accent sur les résultats enregistrés en Algérie en matière de santé publique ainsi que sur les problèmes rencontrés dans ce domaine.

Il a aussi appuyé les thèses africaines en matière de coopération internationale dans le domaine sanitaire. Il a souligné, en outre, que la santé pour tous en Afrique est irrémédiablement liée au développement économique et social dans cette région. Il a appelé "le monde développé à faire face aux obligations que l'histoire, la morale... lui rappellent dans cette oeuvre d'aide et de soutien effectif pour améliorer les conditions sociales, économiques et politiques de l'Afrique et vaincre la détresse sanitaire".

M. le ministre a ajouté " que la conférence de lutte contre la pauvreté et l'exclusion qui se tiendra à Alger en octobre prochain, offrira l'opportunité de mettre en exergue la relation dynamique qui existe  entre le niveau de développement socio-économique et le degré de satisfaction du droit à la santé". En marge des travaux de cette session, le ministre a rencontré Mme Gro Harlem Bruntland, directeur général de l'OMS. Au cours de cet  entretien, le ministre a évoqué l'état de la coopération entre l'Algérie et l'OMS. Dans ce contexte, il a été convenu  de promouvoir et renforcer  ces relations avec l'OMS par la mise en oeuvre d'un programme de coopération dont les axes seront établis prochainement.

Il y a lieu de relever également, que  le ministre a eu des entretiens portant sur la coopération bilatérale dans le domaine de la santé avec Mme Tshabalala Msimang, ministre sud africain de la Santé, M Zhang Wekang, ministre chinois de la santé, Mme Gillot Dominique secrétaire d'Etat français à la Santé et aux Handicapés., M Peter Piot, directeurdes Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA), Mme Traoré Nafo, ministre malien de la Santé et M Yvon Charbonneau, secrétaire parlementaire du ministre de la Santé canadien.

 


INTERVENTION DE S.E. M. AMARA BENYOUNES MINISTRE DE LA SANTE ET DE LA POPULATION DEVANT LA 53Eme ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

 Genève, le 16 Mai 2000

Madame le Président de la 53ème Assemblée Mondiale de la Santé,

Madame le Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellences, Honorables délégués,

Mesdames et Messieurs,

  Permettez moi tout d’abord, Madame le Président, au nom de la délégation algérienne et en mon nom personnel de vous féliciter ainsi que les membres du bureau pour votre élection.

 C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons pris connaissance du rapport de Madame le Directeur Général sur l’état de la santé dans le monde. Ce rapport traduit la réalité sanitaire et cerne les problèmes de santé publique les plus cruciaux de notre époque.

 C’est pourquoi, à titre d’illustration, je voudrais m’attacher de suite à décrire les résultats enregistrés en Algérie où l’éradication de la poliomyélite, l’élimination de la rougeole et du tétanos néonatal, la totale disparition du choléra depuis 1995 et la réduction progressive des autres maladies à transmission hydrique ont marqué des avancées significatives.

 Par contre, la mortalité infantile de l’ordre de 56/1000, la mortalité maternelle de 140/100.000 naissances, et la résurgence de certaines maladies comme la diphtérie constituent une préoccupation majeure de santé publique qui nous a conduit à mettre en place avec les différents intervenants un dispositif de prévention et de prise en charge. Ces mesures devront nous permettre de ramener nos indicateurs de santé aux normes internationalement admises.

 A ces axes prioritaires, une mention particulière est portée sur l’humanisation et l’amélioration de l’environnement.

Madame le Président,

Honorable Assemblée,

 Malgré les nettes avancées enregistrées en matière de lutte contre la maladie, malgré le développement considérable de la coopération sanitaire à l’échelle de la planète, réalisés sous l’égide de notre organisation, la réalité socio-sanitaire du globe en cette fin de millénaire nous interpelle tous.

 L’objectif annoncé de La Santé pour Tous en l’an 2000 n’a pas été atteint. Et il n’est pas prêt de l’être ! Nous avons le devoir et l’obligation morale d’en rechercher les causes afin de pouvoir trouver des réponses alternatives plus appropriées, à même d’assurer le plus élémentaire des droits, le droit à la vie, à des pans entiers de l’Humanité notamment en Afrique.

 La mère africaine, le bébé africain ainsi que toutes les africaines et tous les africains qui décèdent chaque jour du SIDA et des autres maladies chroniques, faute de prévention et de soins adéquats, ne comprennent pas les raisons de leur abandon. Comment faire pour qu’ils n’aient pas l’impression d’être abandonnés, d’être à l’écart des préoccupations de la communauté internationale ?

 Nous ne pouvons pas oublier aussi que chaque jour, des milliers d’africaines et d’africains meurent de maladies diverses, et viennent s’ajouter aux milliers d’autres africaines et africains qui meurent de faim, de soif ou du fait des conflits armés.

 Il est du devoir de la communauté des nations, et notamment les plus riches d’entre nous, d’œuvrer à trouver les réponses multiformes aux problèmes que connaît l’Afrique. Il est du devoir de la communauté internationale d’agir sur les véritables facteurs à l’origine du sous développement socio-sanitaire qui mine notre continent comme précisé dans le document " Appel d’Alger pour l’intensification de la lutte contre le SIDA en Afrique " adopté lors de la 23ème session ordinaire de la commission du travail et des affaires sociales de l’OUA qui s’est tenue à Alger du 16 au 21 avril de l’année en cours. 

Ces réponses ne peuvent être qu’économiques et politiques car il ne peut y avoir de développement sanitaire lorsque le chômage concerne une majorité de la population active, lorsque l’habitat précaire et insalubre est la règle, lorsque l’éducation et l’enseignement font défaut.

 Il ne peut y avoir de développement sanitaire sans développement social, et il ne peut y avoir de développement social sans essor économique fondé sur l’exploitation équitable des richesses générées par notre continent. De surcroît, seule une volonté politique réelle d’annuler totalement ou partiellement la dette qui frappe des pays de plus en plus paupérisés offrirait aujourd’hui des perspectives de progrès collectif.

  Madame le Président,

Honorable Assemblée,

 Le monde développé doit aujourd’hui faire face aux obligations que l’histoire, la morale, et tout simplement la fraternité humaine, lui rappellent dans cette œuvre d’aide et de soutien effectif pour améliorer les conditions sociales, économiques et politique de l’Afrique et vaincre la détresse sanitaire. A cet égard, la Conférence de Lutte Contre la Pauvreté et l’Exclusion qui se tiendra à Alger en Octobre prochain offrira l’opportunité de mettre en exergue la relation dynamique qui existe entre le niveau de développement socio-économique et le degré de satisfaction du droit à la santé.

 A l’orée du troisième millénaire, la Santé pour Tous en Afrique est irrémédiablement liée au travail pour tous, à l’éducation pour tous, à un habitat décent pour tous. Toute autre approche serait inévitablement vouée à l’échec. 

Je vous remercie pour votre attention.

 

 

          


105ème session du Conseil exécutif de l'OMS :

Genève: 24-29 janvier 2000

La Cent Cinquième Session du Conseil exécutif de l’Organisation Mondiale de la Santé s’est tenu du 24 au 29 Janvier 2000, sous la Présidence du Dr A-J-M Sulaiman du Sultanat d’Oman.

A cette occasion, le Dr Gro Harlem Brutlandand , Directeur Général de l’OMS a prononcé une allocution , dans laquelle elle a mis l’accent sur la priorité que l’OMS devait accorder à la lutte contre le VIH/SIDA, maladie qui exige une mobilisation sans précédent de la communauté internationale, a-t-elle dit.

Le Dr Brutland a relevé neuf domaines prioritaires pour le budget-programme 2002-2003 à savoir :

L’amélioration des systèmes de santé, la lutte contre le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose, la lutte contre l’épidémie de tabagisme, l’amélioration de la santé maternelle, la sécurité transfusionnelle, la prévention et l’amélioration du traitement des troubles mentaux, la lutte contre le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, l’amélioration de la salubrité des aliments et l’investissement dans le changement de l’OMS.

Le Conseil Exécutif a nommé le Dr Marc Danzon, de nationalité francaise , en qualité de directeur régional de l’OMS pour l’Europe. Il a également renouvelé le mandat du Dr Ebrahimi M. Samba de nationalité Gambienne, comme Directeur Régional de l’OMS pour l’Afrique.

Au cours de cette session, le Conseil Exécutif a examiné le rapport du directeur général sur la pauvreté et la santé. D’après ce rapport 20% de la population mondiale, soit 1,7 milliards de personnes vivent dans la pauvreté absolue, avec un revenu inférieur à 1 dollars us par jour. Le rapport insiste sur l’impact de la pauvreté sur la santé publique.

Le conseil a annoncé un plan pour développer le programme de l’OMS sur la salubrité des aliments. A cet effet, l’OMS envisage de créer un organisme d’évaluation des risques liés à la salubrité des aliments, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation.(FAO).

Le conseil a aussi adopté les résolutions qui seront soumises pour approbation à l’Assemblée Mondiale de la santé et qui concernent : l’initiative " halte à la tuberculose ", le VIH/SIDA, l’alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination.

Cette session a aussi adopté le règlement financier de l’OMS, ainsi que les principales directives qui devront constituer la base pour la mobilisation des ressources extrabudgétaires.

Le Dr Brutland a, lors des travaux de cette session , annoncé les mesures qu’elle entend mettre en application en faveur du plurilinguisme.

 


Première session de l’organe intergouvernemental de négociationde la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac

Genève, l6 – 21 octobre 2000

 La première session de l’organe intergouvernemental de négociation de la convention-cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé pour la lutte antitabac a eu lieu, à Genève, du 16 au 21 octobre 2000, sous la présidence de l’Ambassadeur du Brésil, M.Celso AMORIM .

 Concernant la composition du Bureau, les candidatures suivantes ont été retenues : USA, l’Afrique du Sud, la Turquie, l’Inde, l’Australie. Par ailleurs, l’organe intergouvernemental de négociation a opté pour la création de trois groupes de travail :

 Le premier groupe de travail s’occupera de la recherche, de la régulation, de la vente du tabac aux jeunes, de l’emballage et marques, de la communication et éducation et de la publicité et du sponsoring,

 Le deuxième groupe de travail se chargera de la taxe, des subventions, des mesures pour l’élimination de la contrebande et de la substitution économique et agricole.

Le 3ème groupe de travail s’emploiera à examiner les questions institutionnelles relatives à la mise en œuvre de la convention-cadre, règlement Des différends, aux mécanismes financiers et à la coopération scientifique et technique.

 Au cours des négociations menées par l’organe intergouvernemental de négociation, lors de la première lecture de la convention, un accord s’est dégagé sur l’équilibre à respecter entre la convention-cadre et les éventuels autres protocoles qui devraient être le complément de la convention. Un consensus s’est aussi déjà dégagé sur un certain nombre de questions telles que la protection des jeunes, la prévention de la contrebande et l’étiquetage des produits du tabac.

 


Première session de l’organe intergouvernemental de négociation de la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac

Intervention de la délégation algérienne

 

Monsieur le Président,

 Nous saisissons cette occasion pour vous présenter nos félicitations les meilleures pour votre élection, à la même occasion nous félicitons les membres du Bureau.

 Nous remercions vivement l’OMS pour les efforts accomplis à l’effet d’établir une convention-cadre sur la lutte antitabac. Dans le même cadre, nous exprimons notre appréciation pour les travaux accomplis dans le cadre du groupe de travail qui peuvent constituer les idées préliminaires dans la perspective de l’établissement de la convention-cadre.

 L’Algérie appuie la mise en place d’une convention-cadre sur la lutte antitabac qui devrait être un document de référence en la matière et qui devrait, également, à notre sens, se limiter à son caractère général pour permettre une large adhésion des Etats membres. Toutefois, la convention-cadre doit consacrer l’engagement juridique ferme de la communauté internationale dans la lutte antitabac dans l’objectif de renoncement à ce fléau. 

Dans ce cadre, l’Algérie adhère à toutes les initiatives qui visent le renforcement des mesures transnationales pour lutter contre le tabagisme. A cet effet, nous sommes pour la mise en œuvre des principes directeurs pouvant permettre la mise en place d’un programme efficace sur la lutte antitabac.

 Quant aux questions spécifiques, elles devraient faire partie des protocoles.

 Nous considérons, par ailleurs, qu’un accent particulier devrait être accordé à la préservation des enfants et des jeunes contre les méfaits de ce fléau. Il y a lieu également de souligner que les effets négatifs de la contrebande, qui est devenue le canal le plus utilisé pour la propagation du tabagisme, notamment dans la région à laquelle nous appartenons.

 S’agissant des enfants, nous suggérons que l’OMS entreprenne une action conjointe et concertée avec l’Organisation Internationale du Travail pour prévenir l’utilisation des enfants surtout dans les pays en développement dans le commerce du tabac. Cette pratique doit être assimilée aux pires formes de travail des enfants qui bénéficie d’un programme ambitieux établi par l’OIT et que l’OMS pourrait mettre à profit.

 Nous soutenons, aussi, l’approche sous-régionale dans le cadre de la coopération internationale sur la lutte antitabac, notamment dans notre sous-région qui est confrontée à une activité sans précédent de contrebande du tabac. 

Etant donné qu’il y a un consensus, sinon une unanimité parmi les scientifiques de qualifier le tabac en tant que produit nocif, il faudrait, à notre avis, appuyer la réglementation internationale en la matière ; dans ce contexte, nous sommes pour un mécanisme de contrôle efficace afin de s’assurer du respect par les Etats-Parties et par les sociétés productrices de tabac des dispositions qui seront convenues dans le cadre de l’organe intergouvernemental de négociation.

 Je vous remercie Monsieur le Président.


 

54ème Assemblée Mondiale de la Santé

La 54ème session de l’Assemblée Mondiale de la Santé a tenu ses travaux sous la présidence du Ministre de la Santé du Royaume du Cambodge du 14 au 22 mai 2001.

A noter que la délégation algérienne qui a participé à cette session, était conduite par Son Excellence le Professeur Mohamed-Larbi Abdelmoumène, Ministre de la Santé et de la Population.

Dans ce cadre, M. le Ministre a pris part aux travaux des tables-rondes ministérielles sur la santé mentale qui porteront sur les questions suivantes :

  • les obstacles à la mise en œuvre de la santé mentale par la fourniture de services et de médicaments psychotropes,
  • l’ostracisme et violation des droits de la personne,
  • les facteurs socio-économiques et le lien entre la pauvreté et les taux élevés de prévalence des troubles psychiatriques,
  • les disparités entre les hommes et les femmes relatives à la prise en compte des sexospécificités dans la prévention.

Il y a lieu de signaler que M.le Ministre de la santé a pris également part aux travaux de coordination de la réunion du Comité Régional pour l’Afrique ainsi que le Conseil des Ministres arabes de la santé. Par ailleurs, M.Abdelmoumène a eu, en marge des travaux de la 54ème Assemblée Mondiale de la Santé, un entretien avec Mme Gro Harlem Bruntland, Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Au cours de cet entretien, le Professeur M.L.Abdelmoumène a exprimé à Mme G.H.Bruntland les remerciements du Président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, pour l’intérêt qu’elle a accordé, dans le cadre de la Journée Mondiale consacrée à la santé mentale, à l’œuvre du Dr. Franz Fanon.

Par ailleurs, Mme G.H.Bruntland a donné son accord à la proposition faite par le Ministre de la santé à l’effet de mettre en œuvre un système d’informations sanitaires fiable pour appuyer le système de santé en Algérie et contribuer ainsi au développement des relations entre l’OMS et l’Algérie.

Le Professeur M.L. Abdelmoumène a eu, aussi, un entretien avec le Dr. Peter Piot, Directeur Exécutif du Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA). L’entretien a porté essentiellement sur l’examen des moyens à même de prévenir la propagation du VIH/SIDA dans les régions frontalières avec l’Algérie. Le Dr. P.Piot a exprimé la disponibilité de son organisation à envoyer une équipe thématique pour l’évaluation des besoins des populations concernées.

Des consultations ont été entreprises par M.Kofi Anane, SG/ONU, concernant le projet du Fonds Spécial des Nations Unies sur le VIH/SIDA. D’après M.Kofi Anane, le projet d’un fonds spécial a reçu un appui significatif de la communauté internationale. Dans ce contexte, il a noté le soutien exprimée par le Président américain G.W.Bush pour ledit projet.

Il y a lieu de relever qu’au cours de cette Assemblée, les Ministres africains de la santé ont adopté le Plan d’Action – Cadre d’Abuja pour la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et les autres maladies infectieuses connexes.

 Le Plan d’Action plaide pour que les engagements pris antérieurement par les responsables politiques africains se traduisent en une mobilisation des ressources et la mise en place des mécanismes durables à cet effet aux niveaux national et international.

Les points qui ont été examinés lors de l’Assemblée ont porté en substance sur les questions suivantes :

Une résolution a été adoptée sur la situation sanitaire de la population arabe dans les territoires occupés. Ce projet met l’accent sur la situation déplorable de la population palestinienne et demande l’assistance de l’OMS au peuple palestinien.

L’Assemblée a adopté la résolution des Pays Non Alignés sur la promotion des systèmes de santé dans les pays en développement et la résolution sur la réforme du Conseil Exécutif à l’effet de permettre une large participation des Observateurs aux travaux dudit Conseil ;

L’Assemblée a adopté le projet du budget-programme pour 2002-2003, ainsi que  le programme général de travail de l’OMS 2002-2005. D’après le programme général de travail 2002-2005, les travaux futurs de l’OMS s’articuleront autour des priorités qui concernent les secteurs suivants : paludisme, tuberculose et VIH/SIDA, cancer, maladies cardio-vasculaires, diabète, tabagisme, santé maternelle, salubrité des aliments, santé mentale, sécurité transfusionnelle, systèmes de santé, investir dans le changement de l’OMS.

Sécurité sanitaire mondiale : la présente Assemblée a approuvé une résolution pour la révision du Règlement Sanitaire International y compris les dispositions prises pour définir ce qui est une urgence sanitaire de portée internationale.

L’Assemblée a examiné l’état d’avancement des négociations visant à la mise en œuvre de la convention-cadre pour la lutte anti-tabac.

L’Assemblée a examiné, à la demande de l’Irak et de la Yougoslavie la question des effets de l’uranium appauvri sur la santé. Le secrétariat de l’OMS a établi à cet effet un rapport qui retrace les démarches entreprises par l’Organisation dans le domaine de la recherche et sur les effets de l’uranium appauvri . L’Assemblée a décidé de présenter lors de la prochaine session un projet de résolution sur la question.

Enfin, l’Assemblée a approuvé la deuxième édition de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé.